Posez-vous les bonnes questions
- Pourquoi faire mon coming-out ?
Ça a l'air bête comme question... Mais il n'y a pas d'obligation à faire son coming-out. Chacun gère sa vie comme il veut. Même si je pense (et je ne suis pas la seule) que c'est une étape indispensable dans la vie de tout homo qui se respecte, après tout, c'est une décision qui ne regarde que vous.
- Est-ce le bon moment pour moi ?
Si vous dépendez encore financièrement de vos parents, peut-être vaut-il mieux attendre un peu. Prendre le risque de se retrouver à la rue ou de ne pas pouvoir finir ses études, c'est vraiment dommage. Et même sans aller jusqu'à ces extrêmes, ça peut vraiment rendre la vie désagréable si tout le monde fait sans arrêt la gueule à la maison.
En dehors de cet aspect des choses, le bon moment pour soi, c'est celui où l'on est soi-même au clair avec son homosexualité. C'est-à-dire sûr d'être homo, mais aussi et surtout quand on est zen avec ça. Si vous vous sentez encore coupable ou mal à l'aise, il vaut peut-être mieux attendre de pouvoir présenter les choses calmement. Les parents sautent rarement de joie en apprenant que leur enfant est homo. Si en plus, tout ce que vous êtes prêt à leur répondre, c'est "oui, vous avez raison, c'est très mal, c'est une catastrophe", ça ne risque pas de les aider à accepter...
Essayez d'imaginer la réaction de ceux à qui vous voulez annoncer votre homosexualité
Parce que si vous pouvez prévoir leurs réactions, vous pourrez préparer vos arguments, ou votre façon de présenter les choses. On dirait une préparation pour un entretien d'embauche, hein ? Oui, c'est pas très cool... Mais plus vous serez prêt, plus vous avez de chances que ça se passe bien.
Pour vous préparer un peu, profitez de l'expérience des autres : consultez les témoignages de ceux qui ont déjà fait leur coming-out, discutez avec eux, par exemple sur la mailing-list de Mon-coming-out.com, lisez cette page qui propose un argumentaire contre l'homophobie, rencontrez des gens avec qui parlez via les associations gay, ou passez un coup de fil à l'une des lignes d'écoute (anonyme) qui existent (cf "Ça peut servir").
Réfléchissez aux conséquences de votre coming-out
Demandez-vous ce que cela risque de changer pour vous. Si vous pensez que vos parents vont ne plus vouloir entendre parlez de vous, alors poussez la réflexion jusqu'au bout. Imaginez les conséquences concrètes. Et pensez alors à ce qui est le plus important pour vous. Passer Noël sans eux, ou avec eux mais sans votre chéri(e) si vous en avez un(e) ? Ne plus avoir de nouvelle de votre famille, ou devoir filtrer tous vos appels téléphoniques si vous habitez à 2 ? Qu'ils vous fassent la gueule, ou que vous ayez à mentir sur votre vie, avec qui vous partez en vacances, etc ?
Ceci dit, quelles que soient le résultat de vos réfléxions, dites vous qu'il y a quand même quelques notions primordiales à ne pas oublier : vous n'avez qu'une seule vie. Alors vivez-la, et vivez-la le mieux possible. Commettre des erreurs, ça arrive à tout le monde, c'est humain. Mais avoir des regrets... c'est vraiment dommage.
Je laisse le mot de la fin à Alfred de Musset :
"On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui".
[On ne badine pas avec l'amour, 1834]