On pourrait appeler ça l'«effet Mauresmo». Ça ne désigne pas un revers lifté ni un service canon. En fait, l'expression n'a pas grand-chose à voir avec le tennis, mais plutôt avec les placards. Les «sorties de placard», pour être exact. «Sortir du placard», pour une lesbienne ou un homosexuel - le coming out, en anglais - ça signifie vivre au grand jour ses préférences sexuelles. En sortant du placard, Amélie Mauresmo est devenue, à 19 ans, l'incarnation et l'icône de toute une génération de jeunes lesbiennes. A chacun de ses matchs, les bars pour dames font le plein de filles vibrant à l'unisson du tamis de sa raquette. En février, la fréquentation de l'Open de Paris, où elle est arrivée en finale, a pratiquement doublé par rapport à l'année précédente. Amélie est devenue un porte-drapeau non seulement parce qu'elle a eu le courage d'annoncer tranquillement son amour pour sa petite amie et de poser avec elle en couverture de Paris Match, mais aussi parce qu'elle est la première personnalité médiatique à l'avoir fait.
